Théorie musicale : les 4 variables musicales

Le message musical est construit grâce à des outils:
• des outils physiques: la musique est la combinaison de 4 variables musicales
• un savoir-faire basé sur la connaissance d’une technique d’écriture, ainsi que sur l’assimilation de codes et de styles.

I/  Les variables musicales

La musique est la combinaison de quatre variables que n’importe quelle oreille peut identifier:
• Les hauteurs (les notes)
• Le rythme
• Le timbre
• L’intensité.

Dans une société donnée, l’étude des variables qui composent une musique (mélodie, rythme, timbre…) peut conduire à systématiser certains de ses effets.
En effet, des auditeurs influencés par le même environnement reconnaissent les mêmes styles, et réagissent aux mêmes codes émotionnels.

• Les hauteurs

Ce sont les notes, telles qu’elles peuvent être inscrites dans une partition, indépendamment du rythme. Les hauteurs sont le principal facteur d’identification d’une musique. Elles sont, pour l’oreille occidentale, soumises à la hiérarchie imposée par un système tonal (basé sur la gamme) élaboré au cours des siècles.

Les hauteurs s’organisent de deux façons:

– horizontalement: la mélodie
– verticalement: l’harmonie.

Grille d’analyse :

Quelle est la mélodie? Quelle est l’harmonie? Quel est leur degré de
complexité?
Est-on dans un système tonal ou atonal?
Est-on en majeur ou en mineur?…

Perception :

Il est frappant de constater que des phénomènes acoustiques trouvent les mêmes correspondances psychologiques chez les individus d’un même système de pensée.

Par exemple:

– Le majeur est ressenti comme plus “gai” et le mineur plus “triste”. (On peut tenter facilement l’expérience auprès d’enfants qui identifient immédiatement une gamme majeure ou mineure
quand elle est présentée comme gaie ou triste…)

– Les registres graves traduisent généralement des idées de lourdeur, de profondeur, et les registres aigus des idées de légèreté…

L’analyse du phénomène harmonique nécessite des connaissances théoriques. D’une façon générale, l’oreille est satisfaite et rassurée par un déroulement musical conforme à son système de référence. Par exemple, une cadence parfaite e en fin de morceau donne une sensation d’aboutissement ou d’éclaircissement. Au contraire, des dissonances, des résolutions inattendues engendrent une sensation de chaos, de danger, d’instabilité.

• Le rythme

C’est la principale variable génératrice de dynamique.

Grille d’analyse :

Y a-t-il un rythme marqué ou non? Une pulsion régulière ou non?
Y a-t-il une base rythmique répétitive (de type boîte à rythme)?
Est-ce un rythme binaire ou ternaire?…

Perception:

On constate empiriquement que:

– Une pulsation binaire (accent tous les 2 ou 4 temps) est ressentie comme plus “carrée”, voire plus stable. C’est de loin la base rythmique la plus utilisée.
– Une pulsation ternaire est ressentie comme plus “ronde”. Moins répandue, elle se remarque plus, comme un effet de style (une valse, par exemple).
– Certains rythmes peuvent être ressentis comme pesants ou légers, rassurants ou angoissants, équilibrants ou déséquilibrants…

• Le timbre et l’intensité

Ce sont les variables acoustiques.

Grille d’analyse :

Quels sont les timbres (instrumentaux et vo c a u x )? Sont-ils habituels ou
originaux?
Quelle est l’intensité? Forte ou faible (pianoou forte)? Uniforme ou contrastée?

Perception :

Certaines sonorités sont perçues comme plus “chaudes”, et ont un impact émotionnel plus fort, comme par exemple la voix, les cordes, certains instruments à vent, par opposition aux percussions, aux sons électroniques…
Des sonorités fluctuantes, irrégulières (par exemple un son vibré par opposition à la régularité des sons électroniques) sont plus chargées affectivement, car elles nous semblent plus “humaines”.

L’auditeur est particulièrement sensible à la représentation de la vie humaine, dans laquelle il se retrouve. Dans sa transcription sonore, la vie est présente bien sûr dans la voix (solo ou chœur), mais aussi dans le vibrato du violoncelle derrière lequel on sent le doigt de l’interprète, derrière le souffle du flûtiste ou du saxophoniste, à l’ample vibrato…

Le choix des voix est un facteur dominant dans la perception d’un message verbal: homme ou femme, fragile ou assurée, sensuelle ou comique, avec ou sans accent, avec ou sans défaut de prononciation…

II/ L’organisation des variables: codes et styles

• Le code

Pour pouvoir communiquer avec ses contemporains, le compositeur utilise le langage caractéristique de sa culture, et applique la technique adéquate. Sa créativité ne peut s’exprimer que par rapport à ce code  (qu’il le respecte ou qu’il le transcende…).

• Le style

Comme un écrivain, un compositeur privilégie certaines habitudes de composition qui donnent à un auditeur familiarisé une sensation de “déjà entendu”. Cela est vrai de toutes les musiques dans toutes les civilisations. La reconnaissance d’un style est donc strictement culturel.
Un style est une façon d’amplifier certaines valeurs musicales par rapport à d’autres, et surtout leur traitement. Un style est reconnaissable grâce à des choix particuliers dans les timbres (certains instruments ont une très forte connotation culturelle), les notes (mélodie et harmonie…), le rythme.

Exemples :
Musique japonaise: mélodie pentatonique sur koto (instrument à corde au
son grêle)
Musique espagnole: guitare, rythme marqué, castagnettes…
Musique médiévale avec flûte à bec et luth…

Les styles renvoient à des époques, à des lieux, à des mœurs particulières: musique classique, musique ethnique, musiques de danse ou populaires: tango, salsa, jazz, country music, reggae, crooners, vieux rocks…

Par ailleurs, l’audiovisuel a créé lui-même ses propres styles pour accompagner différents types de situations: comiques, dramatiques…
On pourrait aisément procéder à une classification ce ces styles.

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