Catégorie : Espace

  • Analyse du sense of place

    Comment une marque résonne-t-elle avec le lieu qu’elle occupe ?

    Extrait du livre Brand Culture, la cohérence des marques en question co-écrit par Daniel Bô, Matthieu Guével et Raphaël Lellouche paru chez Dunod le 10 avril 2019.

    https://www.dunod.com/entreprise-economie/brand-culture-coherence-marques-en-question

    Les marques ont des implantations physiques (lieux de vie, sièges sociaux, bureaux, boutiques, pop-up stores, rayons, expositions) et construisent un rapport à l’espace. Chaque implantation donne à ressentir une ambiance, une atmosphère, un caractère, un univers expérientiel et un certain esprit du lieu. C’est vrai des marques hôtelières dont chaque établissement, ancré dans une localité, emprunte et apporte à son environnement. Depuis 2018, le groupe Accor a décidé d’explorer en profondeur le concept de « sense of place » et son application opérationnelle.

    Article sur le sense of place

    Pour appréhender un lieu, il est recommandé de considérer non seulement le bâtiment avec sa façade et l’aménagement intérieur mais aussi les ouvertures (abords, jardins, fenêtres, terrasses), les vues et l’intégration dans le paysage et la culture locale.

    Pour piloter le « sense of place », les marques ont à leur disposition quatre leviers complémentaires :

    • L’univers de référence, qui peut être emprunté à l’emplacement, au caractère du lieu et/ou être arbitraire. L’hôtel Majestic joue la carte cannoise, des photos d’acteurs à tous les étages au Studio by Petit VIP, qui initie les enfants au 7ème art. Le Pantone hôtel a été cherché son univers de référence dans la couleur et
      de design et non dans sa localisation bruxelloise. Disneyland s’évade de Marne la Vallée pour nous projeter dans un monde féérique.

    • L’atmosphère et les éléments polysensoriels dont l’ambiance, l’éclairage, les couleurs, les matériaux, le design, la musique, les parfums… Les bouées gonflables éclairées au bar marquent la chaîne hôtelière Mama Shelter. De plus en plus de restaurants se différencient par une sculpture ou une signature lumineuse.

    • Les styles de vie suggérés car chaque lieu prescrit des interactions sociales et des invitations à jouer un rôle ; le client du Club Med endosse un rôle de GM (gentil membre).
    • Le confort, l’accueil et le personnel : la promesse d’être reçu chez Châteauform’ par un couple d’hôtes dans sa maison en dit long sur leur vision de l’hospitalité décrite comme « convivialité, simplicité, générosité, flexibilité, gentillesse et naturel ». En déplacement, nous sommes dans une tension entre le familier (chez soi) et l’exotisme (l’étranger), qui peut être vécu positivement ou négativement. L’hospitalité est un amortisseur dans le passage entre le chez soi et l’ailleurs.

    Les Sources de Caudalie à Bordeaux-Martillac

    Cet hôtel-spa restaurant 5 étoiles est un complexe qui s’étend sur plusieurs hectares. Sont réunis un spa de Vinothérapie, divers bâtiments et restaurants, un plan d’eau, une ferme, les vignes du Château Smith Haut Lafitte, la forêt et la chartreuse du Château Le Thil à 1,5 km. Des vélos sont fournis pour profiter du cadre et un parcours d’œuvres d’art est proposé dans la forêt.

    Le concept est inspiré du « French Paradox », qui valorise les bienfaits du vin contre les maladies cardiovasculaires et des produits cosmétiques Caudalie, nés des principes actifs découverts dans les pépins de raisin et les sarments de vigne.

    • L’univers de référence de ce lieu, c’est d’abord la vigne et la région bordelaise. La corbeille d’accueil présente dans chaque chambre comprend une bouteille de vin du château, du raisin, si c’est la saison, et quelques cannelés.

    • L’atmosphère des Sources de Caudalie résulte d’une combinaison entre éléments naturels et artificiels. Demeure historique de 1737, le Château Le Thil, accueille le client comme dans un château de famille. Créé en 1999, le Palace des Vignes simule un hameau aquitain traditionnel, fabriqué à partir de matériaux de récupération et de structures anciennes de la région. L’objectif d’Yves Collet, concepteur de cet artéfact : créer ex nihilo un lieu dédié à l’art de vivre au cœur des vignes en harmonie avec l’environnement. L’art y est omniprésent avec des sculptures parsemées dans le paysage, dont un lièvre, qui est aussi le logo de la cuvée Le Lièvre.

    En termes de styles de vie prescrits, cohabitent l’activité de curiste avec le spa et des week-ends détox et la gastronomie avec les restaurants et la dégustation de vin. Dans un cadre bucolique à quelques minutes de Bordeaux, cet établissement invite à un retour à la nature ressourçant.

    Sur le plan du confort et de l’accueil, la promesse de cette entreprise familiale c’est « les attentions d’un palace, la chaleur d’une maison de famille ».

     

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  • Analyse sur les communautés de marques

    L‘étude réalisée à la demande de TF1 publicité explore en profondeur les dynamiques et structures des communautés, en mettant un accent particulier sur les communautés de marque dans le contexte numérique actuel. Voici les points clés de cette analyse :

    Evolution des Communautés

    • Communautés Traditionnelles :Ancrées dans des intérêts communs et le bien commun, elles incluent la famille, les corporations professionnelles, et les communautés religieuses ou de solidarité.
    • Communautés de Marque :Représentent une évolution où la marque devient un catalyseur de relations horizontales entre consommateurs partageant des intérêts communs, créant ainsi un espace pour l’échange et la solidarité au-delà de la simple relation consommateur-marque.

    Rôles des Marques dans les Communautés

    • Les marques ne se limitent pas à créer des produits mais facilitent également des espaces où les consommateurs peuvent interagir, partager des conseils et des expériences, enrichissant ainsi leur utilisation du produit et étendant l’intérêt au-delà de ce dernier.
    • Les marques peuvent exploiter ou s’intégrer à des communautés préexistantes pour amplifier leur communication et influencer de manière virale.

    Intelligence Collective et Numérique

    • Modèles d’Intelligence Collective :Transition de l’intelligence collective originelle (tribale) à une forme globale (numérique), caractérisée par des communautés virtuelles non hiérarchisées.
    • Impact du Numérique :L’ère numérique dynamise les communautés existantes et en crée de nouvelles, rendant les échanges plus ouverts et continus, indépendamment des contraintes physiques.

    Types et Fonctions des Communautés Numériques

    • Communautés Virtuelles et Distribuées :Avec des outils comme l’iPhone, les individus peuvent participer à des communautés tout en préservant leur isolement, partageant des expériences sans nécessité de regroupement physique.
    • Communautés de Pratique :Les marques servent de plateformes pour les professionnels et amateurs partageant un intérêt commun, améliorant leurs compétences par l’échange d’informations.
    • Communautés Projectives :La marque agit comme un catalyseur pour la réalisation de projets collectifs, avec les membres proposant, élaborant, et réalisant des projets ensemble.

    Conclusion

    Le document démontre la complexité et la richesse des communautés dans le paysage numérique actuel, soulignant le rôle central des marques dans la facilitation et l’enrichissement de ces espaces communautaires. Les marques ne sont plus seulement des fournisseurs de produits ou services, mais des acteurs actifs dans la création de liens sociaux, d’échanges d’informations, et de soutien mutuel, mettant en lumière une évolution significative dans la relation entre marques et consommateurs.

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  • Généalogie du pop-up store

    Le pop-up n’est pas une tendance qui touche uniquement le commerce mais la ville au sens large. C’est un phénomène qui relève de toute une culture de la mobilité urbaine. Voici un extrait d’un travail de recherche mené avec Raphaël Lellouche pour Klépierre qui a donné lieu à la publication d’un livre blanc.

    Vous pouvez télécharger le Livre Blanc Pop-up Store et découvrir nos publications ici.

    Les origines du pop-up : happening et contre-culture urbaine

    Le propre du pop-up, c’est l’apparition, l’irruption momentanée et transitoire d’un phénomène, d’un événement dans la ville.

    Son origine remonte au happening, qui, dans les années 70, consistait à transformer l’œuvre d’art d’un objet fixe, immobile et éternel en un événement qui « happen », qui se produit, un événement mobile et transitoire, éphémère. Même s’il peut en rester des traces, des documents filmés par exemple, l’œuvre se passe dans le temps réel. On fait passer l’univers des arts plastiques dans l’univers de la performance (plastics arts vs. performative arts). On passe de l’objectivité à la performativité. C’est la performance qui est au cœur du pop-up.

    Puis les rapports entre le happening et la culture urbaine se développent. Les avant-gardes artistiques commencent à développer des affinités avec la culture urbaine et lancent toutes les modes « street », que ce soit dans le monde de l’art, de la communication, du sport…

    Puis ce sont les avant-gardes militantes qui s’emparent du phénomène en passant de la réunion de parti ou de la manifestation de rue à de nouvelles pratiques urbaines, liés à une nouvelle mobilité urbaine.

    Les Zones d’Autonomie Temporaire

    Hakim Bey est le pape de du « urban-hacking » qui rassemble des pratiques de détournements, des événements éphémères… Il a théorisé sous le concept de ZAT (Zone d’Autonomie Temporaire) une culture « pirate », de « guérilla », sur les plans à la fois politiques et artistiques.

    Ces ZATs s’incarnent principalement dans des actions où les militants, grâce à la communication instantanée que leur permettent les réseaux sociaux, se rassemblent très vite dans un point de la ville et font un équivalent de « flash mob » politique, qui fait événement parce qu’original, spontané, sauvage.

    Une ZAT à La Croix-Rousse, Lyon

    Comme le soulèvement (que Hakim Bey oppose à l’état permanent et fermé de la révolution), la ZAT est une expérience extraordinaire qui sort du quotidien, un événement temporaire et ouvert sociologiquement.

    La TAZ est une « « épiphanie » – une expérience forte aussi bien au niveau social qu’individuel ». Dans la TAZ, les lieux saints sont remplacés par des « expériences maximales ».

    Dans une société « post-idéologique, multi-perspectives » où règne le « fétichisme de la marchandise », la ZAT cherche à créer des « voyages psychiques », à la recherche de curiosités, de diversité, d’aventures. La

    ZAT est « utopique » au sens où elle croit en une « intensification du quotidien », une « pénétration du Merveilleux dans la vie ». Elle ne tient pas compte des idéologies ; elle est « une intensification, un surplus un excès, un potlach ». Les ZATs sont des « raids réussis sur la réalité consensuelle, échappées vers une vie plus intense et plus abondante ».

    La ZAT repose sur une « tactique de la disparition », en phase avec l’esprit de la guérilla (des combattants qui apparaissent et disparaissent, se déplacent, sont insaisissables). La disparition est ce qui permet de révolutionner la vie quotidienne, c’est une énergie dirigée contre quelque chose, un refus. Elle peut prendre une forme positive, si le refus de quelque chose entraine une autre alternative à ce qui est nié. La ZAT devient ainsi une zone de liberté clandestine, inconnue de l’Etat, car elle disparait dès qu’elle est identifiée, nommée, médiatisée. elle ne cesse d’apparaitre et disparaitre dans le temps et dans l’espace, elle est nomade.

    La ZAT est associée à la bande (ouverte sur la base d’ « affinités électives », de coutumes communes, d’alliances et de contrats) plutôt qu’à la famille nucléaire  (fermée par la génétique et par la hiérarchie sociale). La bande aujourd’hui, ce sont les amis, les personnes rencontrées au travail, les gens ayant les mêmes centres d’intérêt, etc.

    La ZAT peut être rapprochée du festival, c’est-à-dire d’un espace de liberté à caractère festif. A leur différence néanmoins il est « libre de surgir n’importe où et n’importe quand ». On peut citer comme fêtes modernes le « rassemblement tribal » des années 60, les conférences anarchistes, les cercles gays, etc. Ce  sont des ZATs potentielles parce qu’elles ne sont pas organisées, ordonnées, planifiées mais ouvertes et spontanées. L’essence de la fête, c’est un groupe d’humains qui « mettent en commun leurs efforts pour réaliser leurs désirs mutuels », comme boire, manger, converser, etc.

    La ZAT s’accompagne de formes créatives vivantes. Avec les ZAT, on tente de créer des formes symboliques de manifestations intégrant de la musique, de la poésie, des représentations théâtrales sauvages… On se rapproche ici du street-art.

    Cette culture s’inscrit aussi bien dans des discours technophiles qu’anti-techno.

    Les pop-up stores cumulent un certain nombre de traits caractéristiques des ZATs :

    • Le pop-up a vocation à remplacer les « lieux saints » du commerce (les magasins) par des « expériences maximales ».
    • Le pop-up tend, dans sa forme idéale, vers la philosophie de la ZAT : il peut rendre la vie plus « intense » et « merveilleuse » via des expériences sorties du quotidien. Il cherche à briser l’ordinaire et parfois à faire rêver. On peut penser que les premiers amateurs de pop up stores sont ces « voyageurs psychiques », lassés de voir en permanence les mêmes objets, produits vendus dans les mêmes magasins, etc.
    • L’idée de disparition est à la fois liée à la nature du pop up store (il est éphémère, il apparaît puis disparait), et à la position du commerce éphémère par rapport aux magasins fixes : on peut envisager l’émergence des pop up stores comme un refus du stéréotype du magasin sédentaire et des codes du commerce traditionnels. Par exemple, les animations gratuites vont à l’encontre de la transaction marchande basique.
    • Les gens qui se réunissent dans un pop up store sont liés par des affinités communes : un pop up store est un lieu de rencontre pour une « bande » éphémère et formée à l’improviste.
    • Un pop-up store peut être considéré comme un festival/une fête de par sa dimension ludique, ouverte à tous et parce que, bien qu’il ait été planifié par la marque, il n’est pas prévu par ceux qui le découvrent et qui s’y invitent (les clients).
    • Le pop-up intègre une dimension créative et artistique forte qui le rend attractif.
    • Internet est également un moyen privilégié pour informer les clients de l’émergence de stands éphémères.

    Depuis les années 70, tout cet ensemble de pratiques artistiques ou contre-culturelles, encore relativement marginales, s’est développé lentement. Puis à partir des années 2000, l’apparition des nouveaux instruments techniques et du Smartphone a renouvelé cette dimension de la mobilité urbaine et accéléré le mouvement.

    En parallèle, le marketing a rompu avec toute sa culture antérieure (les marques, le commerce fixe…) pour basculer dans ces nouvelles pratiques de mobilité urbaine. Il y a donc un essor de la culture de la mobilité urbaine appliquée au marketing.


    Le contexte actuel : les évolutions urbaines et numériques
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  • La communication physiologique, nouvelle frontière des études ?

    A côté de contenus « discursifs » ou éditoriaux, une autre forme d’expression des marques, qui implique directement le corps, s’impose à nous. Cette modalité d’adresse aux consommateurs peut prendre diverses formes (lieux, machines, interfaces, objets, sons, odeurs, goûts, …) et créer différents effets. Voyons comment aborder ces nouvelles par les études sachant que certaines marques s’emploient aujourd’hui à codifier l’atmosphère de leur lieux ou leur « signature sensorielle ».

    Selon Raphaël Lellouche, on a trop privilégié la parole, le verbe, les mots, comme étant le vecteur fondamental du sens. La représentation discursive que nous avons de la culture est un atavisme qui nous est resté de l’ère Gutenberg. Or, toute la culture contemporaine est conditionnée par les médias techniques, qui enregistrent du réel et pas seulement du symbolique. C’est fondamental parce que le sens ne passe plus uniquement par le véhicule de la parole ou de l’écriture mais se branche directement sur notre physiologie. Il a fallu une illusion fantastique pour que l’on croie que le sens passait exclusivement par la parole.

    L’expérience de marque est effectivement la somme d’expériences très diverses. Les marketeurs se focalisent souvent sur les expériences discursives (publicité, messages, contenus éditoriaux) mais il faut aussi prendre en compte le champ des expériences sensorielles et physiologiques, d’autant plus efficaces et profondément ressenties qu’elles s’adressent non pas au cerveau et la rationalité du consommateur mais à son corps.

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  • Analyse des lieux de marque

    L’analyse sémiologique des lieux de marque, réalisée en mai 2013 à la demande de PagesJaunes , explore les évolutions et les dimensions multiples que les points de vente et les lieux associés aux marques représentent dans le contexte de la société moderne. Voici une synthèse des aspects principaux abordés dans le document :

    Evolution du Point de Vente

    • Esthétisation et Capitalisme « Artiste » : Inspiré par les analyses de Gilles Lipovetsky, le document souligne une transition vers l’esthétisation des lieux de vente, où l’expérience, l’émotion, et le divertissement prennent une place centrale dans l’interaction avec les consommateurs. Les marques adoptent une approche où le design, l’architecture, et la présentation des produits contribuent à une expérience de consommation enrichie et émotionnelle.

    Dimensions de l’Expérience de Marque

    • Expérience Sensorielle : Les lieux de marque cherchent à engager les consommateurs à travers une expérience multisensorielle, utilisant la lumière, les odeurs, les sons, et le toucher pour créer une ambiance unique et mémorable qui reflète la culture de la marque.
    • Dimension Praxéologique : L’implication active des consommateurs dans l’expérience de marque est mise en avant. Les interactions, qu’elles soient physiques avec les produits ou sociales avec d’autres personnes, jouent un rôle clé dans la création d’une expérience enrichissante.
    • Dimension Sociale : Les lieux de marque fonctionnent également comme des espaces de rencontre et de socialisation, où les consommateurs peuvent interagir avec la marque et avec d’autres consommateurs, renforçant ainsi le sentiment d’appartenance à une communauté.

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  • Comment rendre acceptable la publicité déliénarisée ? Comment tirer parti de l’interactivité ?

    Comment va évoluer la publicité en TV connectée ?  Une étude commandée par le CNC et réalisée par QualiQuanti amène des réponses. 6ème chapitre : La publicité interactive ou à la demande. Décryptage de Daniel Bô et du sémiologue Raphaël Lellouche.

    Monnaie d’échange pour accéder aux contenus gratuits, la publicité est souvent perçue comme intrusive. Voyons comment l’interactivité peut remédier à ce caractère intrusif.

    La tv délinéarisée capte efficacement l’attention des spectateurs pour la publicité : les coupures sont courtes (environ 1 min vs. 4 min), et il est plus difficile d’y substituer une activité extérieure.

    Ces conditions excellentes de réception de la publicité s’accompagnent d’un potentiel d’interactivité.

    La publicité interactive

    Avec l’interactivité, la publicité devient une invitation développée à la demande de l’internaute.

    L’annonceur peut ainsi jouer, par exemple, sur un effet teasing qui redirige le spectateur intéressé vers le site, l’application ou la chaîne de la marque.

      Pub vidéo interactive    Pub classique
      Inviter à explorer un espace caché  Occuper un espace montré, obstruer un espace  
      Inviter, proposer    Exciter, clignoter
      Logique des nombreux espaces, pliage et dépliage    Logique de l’espace rare
      Média feuilleté    Modèle linéaire  
      Contenu signifiant    Pur signal / avertisseur

    L’interaction permet enfin la communication directe des marques avec les consommateurs, qui peut renseigner des informations personnelles pour recevoir quelque chose en échange : achat, réservation, information sous forme de brochures ou de mails…

    Voici un exemple de publicité interactive en HBBTV proposée sur TF1 avec possibilité de scanner le code barre à l’aide de son smartphone.

    • La publicité « on demand »

    La publicité « on demand » existe depuis 2007 au USA sur des players comme Hulu (Ad Selector puis Ad Swap).

    Depuis 2007, Hulu, une joint-venture qui réunit notamment NBC, ABC et Fox et approche les 500 millions de dollars de revenus (publicité + abonnement), propose un système de publicité à la demande intitulé Ad Selector.

    Ce principe a été repris en 2011 par StickyADStv, régie de publicité vidéo in-stream en France, avec vente à l’engagement.

    Le problème c’est que les consommateurs ne sont pas toujours motivés par un travail de sélection de la publicité la plus intéressante. Un responsable marketing confiait à propos de ce système : « c’est comme si on proposait le choix entre une claque et un coup de poing ».

    En 2009, Hulu a développé le format Branded Entertainment Selector, qui invite le spectateur à visionner une bande annonce longue ou le webisode d’une marque en début de session.

    En octobre 2011, Hulu a introduit Hulu Ad Swap, qui permet d’esquiver une publicité après quelques secondes en permettant de la remplacer par une, deux ou trois options. Les annonces alternatives tiennent compte des choix précédents ainsi que des préférences du spectateur.

    En donnant le pouvoir au spectateur de choisir sa publicité, la pression est portée sur l’intérêt du spot :

    • Les annonceurs doivent développer des messages intéressants avec du contenu
    • Les régies et les médias vont devoir trouver les moyens de cibler
      les messages en fonction des profils et centres d’intérêt des spectateurs.

    Ce principe de publicité à la demande, plutôt réservé au PC, est-elle applicable à la tv connectée ?

    A priori l’affirmative n’est pas évidente :

    • d’une part parce que la publicité sur le téléviseur est moins intrusive que la publicité sur le web,
    • d’autre part parce que le spectateur tv est dans une position plus passive qui ne le pousse pas au choix : peut-être même n’a-t-il même pas sa télécommande à portée de main.

    En France, la dimension interactive de la publicité semble vouloir plutôt emprunter le chemin de la tablette.

    Daniel Bô, Pdg de QualiQuanti

    *Etude téléchargeable gratuitement ici.

  • Analyse sur les décors TV

    Voici le début d’une analyse sémiologique très approfondie réalisée avec Raphaêl Lellouche sur les décors TV

    1/ Les fonctions du décor

    L’enveloppe et le contenu

    La notion de décor n’est pas originaire. Le décor est une manière possible, parmi d’autres, de structurer un lieu. La perception de l’espace s’articule autour de deux notions :

    >> La nature du lieu visité, l’espace d’accueil :

    La nature du lieu, ce qu’il est « en soi », avant tout élément de décoration, est un premier élément d’identification. Les natures de lieu peuvent être présentées comme suit :

    • Lieu intérieur / lieu extérieur
    • Lieu public / lieu privé
    • Lieu de parole / lieu d’action
    • Etc.

    C’est une fois déterminée la nature du lieu qu’il est possible de réfléchir sur le décor, la mise en scène, sur la manière dont la disposition scénographique va « envelopper » le lieu.

    >> Le décor donne un sens au contenu spatial

    La manière dont le lieu est décoré, définit l’espace non pas tel qu’il est « en soi », mais tel qu’il se présente « pour le spectateur ». L’aménagement transforme un espace intérieur général et abstrait en espace intérieur bien particulier : une maison, un hall d’hôtel, etc.

    Le décor est une enveloppe (un ring, un stade, un cirque…) qui donne le sens du lieu. Il détermine la fonction, et non la nature du lieu. Le lieu de parole devient lieu de débat ou de confidence, le lieu intérieur devient lieu de spectacle ou de jeu, etc.

    Reste à bien déterminer quelles sont les fonctions définies lorsqu’une enveloppe est appliquée sur un contenu, un lieu de telle ou telle nature.

    Définir l’individualité d’un lieu

    Une première fonction de l’enveloppe est de définir l’individualité d’un lieu. Parmi tous les espaces qui sont par exemple des espaces intérieurs, le décor va dire pourquoi celui-ci est différent de celui-là.

    Le décor donne l’individualité qui rend le lieu reconnaissable, identifiable. Pour ce faire, le décor meuble un espace d’abord donné comme uniforme, vierge, abstrait.

    Le décor dispose alors sur le lieu une variété d’objets, de formes et de couleurs, qui permettent au spectateur de s’y retrouver, c’est-à-dire d’identifier le lieu comme unique.

    Par-delà le lieu, c’est l’émission qui sera identifiée comme unique, bien distincte d’une autre. Plus le décor affiche l’identité, l’individualité d’un lieu, plus l’émission signale à son public qu’elle ne peut être confondue avec aucune autre.

    Définir la fonction, répartir les interactions.

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